ruminant de belles pensées,
je m'approchais tranquillement de Codognan.
Assoiffée, j'entrais dans le bar de la grande place.
Verre de lait ? Menthe à l'eau ou soda bien frais ?
Je m'installais.
Mon œil de vache curieuse lorgna sur une affiche géante...
qui annonçait la fête locale du 8 au 16 juillet.
Fichtre, quel programme:
Courses de bicyclettes, d'ânes montés et bien sûr, courses de toros.
Concours de boules, de chant et colin-maillard.
Les fillettes et les garçonnets gagnaient une bouteille de sirop
et pour les jeunes gens, une demie bouteille de Vermouth.
Et attention, sérénade aux demoiselles pour le bal sans fin ...
Les festivités duraient neuf jours et se clôturaient par le grand déjeuner aux prés,
sans oublier le brillant feu d'artifice.
C'était en 1922 !
Le propriétaire du bar, me devinant fort intéressée, alla chercher les photographies jaunies de l'époque,
fier d'évoquer une fête aujourd'hui disparue. Restent le café, la place et les arbres quasi centenaires.
Quelle délicieuse pause, me transportant ainsi entre les deux guerres ! Je me serais bien vue, sabots vernis et boucles aux oreilles, pimpante, le cuir brossé, la queue tressée, prête à danser toute la nuit dans les pattes d'un beau noir costaud.
;)
Codognan, GR 653, avril 2014